Voici l’article rédigé selon vos consignes.
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Deux partenaires, même couple en crise, mais l’un pense dialogue quand l’autre fantasme d’ailleurs. Une orientation sociosexuelle bien particulière pourrait expliquer ce fossé silencieux. Ce trait de personnalité, peu connu, joue un rôle décisif dans la fragilité d’une relation. Décryptage.
Quand le couple va mal, on ne joue pas la même partition
Imaginez deux personnes assises à la même table de cuisine. Même lassitude, mêmes disputes qui tournent en boucle, même impression que le couple s’effrite. L’une propose de parler, de consulter, d’essayer encore. L’autre se surprend à rêver d’ailleurs, à imaginer une autre peau, une autre vie. Même malheur, deux réactions radicalement opposées.
Ce décalage n’est pas qu’une question de morale ou de courage. Une étude publiée dans Sexual and Relationship Therapy éclaire ce phénomène. Menée auprès de plus de 300 adultes, elle montre qu’un trait de personnalité très précis pèse lourd dans la balance. Les chercheurs parlent d’une « orientation sociosexuelle ». Et ce simple mot peut éclairer bien des crises de couple.
Le rêve d’ailleurs comme mécanisme de défense
Au quotidien, cela donne des scènes que beaucoup reconnaîtront. Dans un couple malheureux, l’un va chercher à renouer la complicité, à parler jusque tard dans la nuit, à proposer une thérapie. L’autre, face à la même souffrance, va prendre de la distance, s’enfermer dans le silence… ou commencer à considérer l’idée d’une infidélité comme une issue possible.
Les chercheurs ont d’abord confirmé ce que l’on devine facilement : plus les participants se disaient insatisfaits de leur relation, plus ils jugeaient acceptable l’idée d’une relation extraconjugale. Mais ce n’était qu’une partie de l’histoire. Entre la qualité de la relation et ce regard sur l’infidélité, un autre facteur s’interpose, comme un filtre invisible : cette fameuse « orientation sociosexuelle ». C’est elle qui colore la manière dont chacun réagit quand le couple déraille.
L’orientation sociosexuelle, ce trait caché qui change tout
Derrière ce terme un peu technique se cache une idée simple. Certaines personnes ont besoin d’un fort engagement affectif avant d’envisager une relation sexuelle. Leur sexualité est étroitement liée à l’amour, à l’attachement, à la sécurité. D’autres vivent plus facilement la sexualité indépendamment de l’engagement : pour elles, le sexe peut exister sans grand sentiment, sans projet à deux. Cette orientation sociosexuelle existe bien avant toute crise et reste relativement stable.
Dans l’étude, ceux qui ont une orientation plus « ouverte » ont davantage tendance à considérer l’infidélité comme une option acceptable lorsque la relation se dégrade. À l’inverse, une personne qui associe fortement sexualité et attachement émotionnel ne change pas forcément sa vision de la fidélité, même en pleine tempête.
Les chercheurs notent aussi une différence entre les genres. Dans leur échantillon, les hommes présentent en moyenne une orientation plus « ouverte », et donc une attitude plus tolérante envers une aventure si le couple va mal. Ils rappellent que les normes sociales, qui jugent encore différemment les comportements sexuels des hommes et des femmes, pèsent lourd dans cette différence.
Un trait de personnalité qui fragilise la relation avant même la crise
Ce n’est pas parce qu’un partenaire est plus « ouvert » que l’autre que le couple est condamné. La véritable fragilité naît souvent du silence qui entoure ces différences. Un partenaire qui ignore tout de l’orientation sociosexuelle de l’autre peut vivre des incompréhensions profondes.
Prenons un exemple concret. Clémence et Thomas sont ensemble depuis huit ans. Quand leur relation traverse une zone de turbulences, Clémence cherche le dialogue, propose des week-ends en amoureux, lit des livres sur la communication. Thomas, lui, devient distant, s’investit dans son travail, et avoue à un ami qu’il « se verrait bien ailleurs ». Clémence se sent trahie, même sans passage à l’acte. Elle ne comprend pas ce changement. Pourtant, Thomas a toujours eu une vision plutôt décomplexée de la sexualité, bien avant leur rencontre. Son rêve d’ailleurs n’est pas né de la crise. Il a simplement refait surface.
L’étude montre qu’il existe des signes avant-coureurs, parfois présents dès le début de la relation. Certaines attitudes, certaines conversations sur la fidélité ou sur les relations passées donnent des indices. Encore faut-il savoir les lire.
Quand vos orientations ne se ressemblent pas : comment vivre ensemble
Concrètement, cela veut dire quoi pour un couple ? Imaginons : l’un des partenaires a une sociosexualité dite restreinte, pour lui tromper serait impensable, presque inimaginable, même au plus fort de la crise. L’autre a une orientation plus ouverte : quand il souffre, l’idée d’aller voir ailleurs lui paraît moins choquante, plus « logique ». La tension est alors explosive… si chacun pense que l’autre fonctionne comme lui.
Les auteurs de l’étude insistent pourtant : considérer l’infidélité comme plus acceptable ne signifie pas qu’on va nécessairement la commettre. Entre la tentation et le passage à l’acte, il y a des freins moraux, affectifs, l’histoire commune, les enfants parfois.
Une autre recherche, publiée dans le Journal of Research in Personality, apporte un éclairage complémentaire. Les couples qui durent se ressemblent surtout sur l’honnêteté et l'ouverture à l’expérience. Partager une vision commune de ce qui est juste, acceptable ou important compte plus que d’avoir le même tempérament.
La communication, un rempart contre le silence et la distance
Deux partenaires peuvent avoir des orientations sociosexuelles différentes et construire malgré tout une relation solide. La clé ? Poser clairement ses valeurs sur la fidélité, la franchise et le respect. Et accepter que l’autre puisse avoir une réalité intérieure différente, sans en faire une trahison immédiate.
Voici quelques pistes pour aborder le sujet sans violence :
- 🗣️ Formuler ses besoins affectifs sans accuser l’autre de ne pas ressembler à nos attentes.
- 💬 Parler de ses rêves, y compris ceux qui semblent inavouables, pour les désamorcer.
- 🔍 S’intéresser à l’histoire de son partenaire : ses relations passées, sa vision de l’engagement avant la rencontre.
- 📖 Lire ensemble des ouvrages sur la psychologie du couple pour mettre des mots sur des ressentis vagues.
- 🤝 Consulter un thérapeute avant que le fossé ne devienne infranchissable, pas seulement après une crise majeure.
- 💞 Rappeler régulièrement ce qui nous attache à l’autre : une infidélité émotionnelle naît souvent d’un vide que l’on n’a pas su combler à temps.
Le désaccord n’est pas une fin en soi
La psychologie nous apprend que le désaccord fait partie du couple. Il ne s’agit pas d’atteindre une harmonie parfaite, mais de comprendre d’où vient l’autre. L’orientation sociosexuelle n’est qu’une pièce du puzzle. Elle n’explique pas tout, mais elle éclaire une partie des malentendus.
Quand un partenariat est fragilisé par des différences invisibles, la tentation est grande de chercher un coupable. Pourtant, la vraie question n’est pas « qui a tort ? » mais « comment pouvons-nous nous rencontrer avec nos différences ? ». Ce trait de personnalité, aussi déroutant soit-il, peut devenir une occasion de mieux se connaître, à condition de ne pas le laisser agir dans l’ombre.
Tout commence alors par une question simple, mais vertigineuse : « Pour moi, qu’est-ce qui est vraiment trahison, et qu’est-ce qui ne l’est pas ? » C’est là, souvent, que l’histoire du couple prend un autre tournant.

Ancienne conseillère en insertion devenue rédactrice en chef, Lise écrit depuis quinze ans sur l’orientation, la formation et l’emploi. Elle privilégie les sources officielles, les témoignages de terrain et une langue claire.