Malgré une moyenne générale de 16/20 au lycée et dix vœux formulés sur Parcoursup, Maëline n’a obtenu aucune proposition en licence de psychologie, ni en 2025, ni en 2026. Son dossier scolaire était pourtant solide. Mais dans certaines filières très demandées, une bonne moyenne ne suffit plus. Elle raconte son parcours, ses doutes, et sa manière de rebondir.
Le rêve de psychologie contrarié par Parcoursup
Maëline, originaire de Dinan dans les Côtes-d’Armor, a toujours été une élève sérieuse. Jusqu’en troisième, sa scolarité est sans accroc. Mais une dépression et une anorexie la contraignent à être déscolarisée pendant plusieurs mois. Elle passe son brevet en candidate libre, puis reprend en seconde, qu’elle redouble.
Malgré ces difficultés personnelles, ses résultats restent excellents. Environ 16/20 de moyenne générale pendant tout le lycée. En première, elle choisit les spécialités HLP, SVT et LLCER. En terminale, elle suit ses cours à distance avec le Cned, ce qui lui permet de mieux s’organiser. Elle décroche son bac avec environ 12/20 à l’épreuve finale, ce qui reste honorable.
Son projet, elle le porte depuis des années. « Après ce que j’ai vécu, je voulais aider les autres, être à leur écoute », confie-t-elle. La psychologie s’impose comme une évidence. Sur Parcoursup, elle ne candidate que dans cette filière. Ses dix vœux se répartissent entre Rennes, Caen, Lille, Toulouse, Chambéry et d’autres universités.
Un dossier jugé bon, mais des places trop rares
Quand les résultats tombent début juin, c’est la douche froide. Aucune candidature n’est officiellement refusée, mais toutes se retrouvent très loin sur liste d’attente. À Toulouse, Maëline est autour de la 16 000e place. À Rennes, son académie d’origine, elle dépasse la 8 000e position. Même la meilleure classement, à Chambéry, reste bloqué à la 300e place.
« Ça met un coup au moral. On se demande si on est vraiment fait pour les études », admet-elle. La plateforme laisse planer une incertitude permanente. Maëline ne fait aucun vœu en phase complémentaire. Rien ne l’intéresse en dehors de la psychologie. Les semaines passent, la situation n’évolue guère. Fin juillet, elle est toujours sans proposition.
Le plan B : un service civique pour rester dans le domaine
Sa famille l’encourage à chercher une alternative. Maëline découvre alors une mission de service civique chez Unis-Cité, à Rennes. Le poste d’ambassadrice de la santé mentale correspond parfaitement à ses envies. Elle se dit que même si la psychologie ne fonctionne pas tout de suite, elle pourra continuer à avancer dans un domaine qui la passionne.
D’octobre 2025 à juin 2026, elle effectue cette mission de 28 heures par semaine, rémunérée 620 euros par mois. Elle reçoit notamment une formation aux premiers secours en santé mentale. Sur le terrain, elle anime des ateliers sur le sommeil, les addictions, la prévention. Elle intervient auprès de différents publics, ce qui développe son aisance à l’oral.
« Prendre la parole devant un groupe, démarcher des structures, je n’aurais jamais été capable de le faire avant. Cette expérience m’a redonné confiance en moi et m’a confirmé que j’aimais accompagner les autres », raconte-t-elle avec fierté.
En 2026, le même scénario se reproduit
Fort de cette expérience, Maëline retente sa chance sur Parcoursup en 2026. Elle enrichit son dossier avec ses formations, son service civique, ses projets. Mais le résultat est identique. Aucune admission en psychologie. Les places sont tout aussi rares, la concurrence tout aussi rude.
« Je me suis sentie piégée par Parcoursup », lâche-t-elle. Une nouvelle fois, elle doit faire face à l’échec. Pourtant, elle ne baisse pas les bras. Elle décide d’intégrer une licence LLCER à Toulouse, une filière où elle sait pouvoir réussir grâce à ses compétences en langues.
Ce choix est pragmatique, mais il laisse un goût amer. « J’essaie simplement de passer par d’autres passerelles pour arriver à mes fins », explique-t-elle. Son objectif reste le même : devenir psychologue. Elle est prête à prendre plus de temps pour y parvenir.
Pourquoi de bons dossiers sont refusés en psychologie ?
Le cas de Maëline n’est pas isolé. Chaque année, des milliers de lycéens avec d’excellentes moyennes se voient refuser l’accès à certaines filières. la psychologie fait partie des plus demandées sur Parcoursup. En France, le nombre de places en licence est insuffisant face au nombre de candidatures.
Les universités utilisent des critères parfois opaques. La moyenne générale compte, mais d’autres éléments entrent en jeu : les résultats dans les matières spécifiques, la cohérence du projet, les appréciations des professeurs, l’assiduité. Un dossier avec 16/20 peut ainsi être dépassé par un dossier avec 14/20 si la progression et la motivation semblent plus fortes.
Les filières sous tension à éviter sans plan B
Certaines licences sont particulièrement saturées. La psychologie arrive en tête avec des taux d’admission souvent inférieurs à 20 %. Les études de santé, le sport (STAPS), le droit et certaines filières artistiques sont également très concurrentiels. Pour les élèves qui visent ces domaines, il est prudent de préparer une solution de repli.
Maëline reconnaît qu’elle n’avait pas anticipé un tel blocage. Elle pensait qu’une bonne moyenne suffirait. Aujourd’hui, elle conseille aux futurs bacheliers de diversifier leurs vœux, mais aussi de préparer un plan de secours dès la terminale. Un accompagnement par un professeur principal ou un PsyEN peut faire la différence.
Voici quelques pistes concrètes pour ceux qui se trouvent dans une situation similaire :
- 🎯 Ne pas limiter ses vœux à une seule filière, même par passion.
- 📝 Soigner les rubriques « projet de formation » et « activités centres d’intérêt » sur Parcoursup.
- 🔁 Envisager une année de césure ou un service civique pour renforcer son dossier.
- 🏫 Explorer les formations privées ou les universités à l’étranger.
- 🧭 Se renseigner sur les passerelles : certains parcours permettent de rejoindre la psychologie après une licence dans un domaine proche (SVT, LLCER).
Transformer un refus en tremplin : l’exemple de Maëline
Maëline aurait pu se décourager. Elle a choisi la détermination. Son service civique lui a apporté une maturité et des compétences qu’aucun cours ne pourrait remplacer. Aujourd’hui, elle se sent plus solide pour affronter l’université, même si elle devra passer par une licence LLCER.
Ce détour n’est pas une perte de temps. Les langues peuvent être un vrai atout pour une future psychologue, notamment pour lire des recherches internationales ou travailler avec des publics variés. Maëline compte bien postuler à nouveau en master de psychologie, une fois sa licence obtenue.
Un message d’espoir pour les lycéens
Le parcours de Maëline prouve qu’un échec sur Parcoursup n’est pas une fin en soi. Les chemins sont parfois plus longs, mais ils peuvent mener au même but. La clé, c’est de ne pas rester passif. Trouver une activité, poursuivre ses efforts, enrichir son parcours : autant de manières de redevenir acteur de son orientation.
« J’ai énormément appris cette année. J’ai grandi, je me sens plus prête. La psychologie attendra, mais je suis toujours là pour l’atteindre », conclut-elle avec le sourire.

Ancienne conseillère en insertion devenue rédactrice en chef, Lise écrit depuis quinze ans sur l’orientation, la formation et l’emploi. Elle privilégie les sources officielles, les témoignages de terrain et une langue claire.